Au-delà de la prostitution sous contrainte

Un site dédié à l'actualité du proxénétisme et de la traite des êtres humains à des fins d'exploitation sexuelle

vendredi 8 juillet 2011

Lutte contre le trafic d'êtres humains - Alger va répondre au rapport américain

Le gouvernement algérien va réagir au rapport du Département d'Etat américain sur le trafic des personnes, selon le ministre de la Justice, garde des Sceaux, M. Tayeb Belaïz. Intervenant, hier, en marge des travaux de l'Assemblé populaire nationale, le ministre de la Justice a déclaré avoir lu le rapport en question, tout en annonçant une réunion interministérielle qui se penchera sur la question.
«Une réunion interministérielle est prévue pour mercredi prochain pour étudier cette affaire», a souligné M. Tayeb Belaïz. Le ministre a, par la suite, cité les parties qui vont prendre part à cette réunion. Il s'agit «du ministère des Affaires étrangères, de l'Intérieur et des Collectivités locales, de la Justice et d'autres services».
La réunion a été ainsi programmée pour l'après-midi de mercredi «pour examiner, dans tous ses aspects, le rapport relatif à la traite d'êtres humains et élaborer une réponse officielle de l'Algérie».
Dans son rapport 2011 sur le trafic des personnes, le Département d'Etat américain a accablé les autorités algériennes de «non-respect des normes minimales requises pour éliminer le trafic des humains». Le même rapport soutient qu'«aucun effort significatif n'a été fait dans ce domaine».
Classée dans la liste - noire - des pays à surveiller dans ce domaine, l'Algérie est coupable de «non-application de la loi sur la protection des victimes de trafic d'êtres humains». Le rapport du Département d'Etat américain sur le trafic des personnes retient plusieurs reproches à l'Algérie.
Le rapport américain estime que «l'Algérie est un pays de transit, et dans une moindre mesure, un pays d'origine ou de destination d'hommes, de femmes et d'enfants soumis au travail forcé et au trafic sexuel».
Autre reproche fait à l'Algérie par le même rapport : «Des hommes, des Maliens le plus souvent, sont forcés à devenir des esclaves domestiques. Leurs propriétaires confisquent leurs papiers d'identité afin de les contraindre à cette exploitation.»
Pour les concepteurs du rapport américain sur la lutte contre des êtres humains, «il y a des lacunes persistantes dans la mise en place de mesures idoines afin de protéger les victimes et prévenir ces trafics».

IL FORCE UNE ADOLESCENTE À SE PROSTITUER : Sept ans de prison pour Woodson Derisca

Le proxénète Woodson Derisca, reconnu coupable d’avoir forcé une adolescente de 17 ans à se prostituer tout en la violentant et l’agressant sexuellement, a été condamné à une peine de sept ans de prison vendredi, au Palais de justice de Montréal.
Toutefois, en déduisant le temps qu’il a déjà passé en détention préventive, il ne lui reste que 29 mois à purger derrière les barreaux.
Le juge Gilles Cadieux, de la Cour du Québec, a ainsi suivi la recommandation du procureur de la Couronne, Me John-Denis Gerols. Pour sa part, l’avocate de l’accusé, Me Marie-Hélène Giroux, réclamait une sentence de cinq ans d’emprisonnement, soit la peine minimale à laquelle son client s’exposait.
Derisca, 30 ans, a été déclaré coupable le 28 février dernier de huit accusations de proxénétisme, agression sexuelle, voies de fait, menaces de mort, possession d’arme prohibée et d’avoir vécu des fruits de la prostitution juvénile.
Entre septembre 2008 et mars 2009, l’accusé a obligé la victime à travailler à la fois comme danseuse nue et escorte. La jeune femme devait remettre tout l’argent qu’elle gagnait à Derisca, qui faisait de ces sommes son seul moyen de subsistance.
À au moins une occasion, il a contraint l’adolescente à lui faire une fellation. Il la menaçait également de s’en prendre à elle et ses parents si elle le quittait. Ce n’est que lorsque la victime a dénoncé son tortionnaire que ce dernier a pu être arrêté.
Comme si ce n’était pas déjà suffisant, les policiers ont retrouvé des munitions dans son véhicule, puis une arme prohibée à son domicile par la suite.
Derisca prétendait n’avoir jamais forcé sa victime à se prostituer pour lui, mais une très longue série de messages textes s’étalant sur plus de 140 pages, et dans lesquels il tient des propos on ne peut plus clairs à cet égard, ont eu tôt fait de contredire sa version.
« Il savait pertinemment l’âge de la victime et pourtant, il a eu recours à ses services », ajoute le juge Cadieux dans sa décision, que Derisca a écouté en fixant le plancher, la mine basse.
En plus de sa peine de prison, le tribunal a également interdit à Woodson Derisca de posséder des armes et ce, à perpétuité. Il devra de plus soumettre un échantillon d’ADN et verra son nom être inscrit au registre des délinquants sexuels pour une durée de 20 ans.

jeanphilippe.arcand@24-heures.ca

jeudi 7 juillet 2011

EDITO : Risque de banalisation

De nouveau une expédition punitive contre des femmes, cette fois-ci à M’sila, où à la cité de Chebilia, des groupes de jeunes ont attaqué et incendié des appartements soupçonnés d’abriter des pratiques de prostitution. Fort heureusement, il n’y a pas eu de victimes à la différence de l’attaque ayant visé le quartier d’El Haïcha de Ouargla qui, il y a quelques années, avait occasionné de graves blessures aux femmes ciblées. Une autre localité, balnéaire cette fois-ci, Tichy, a été le théâtre, il y a deux mois, d’une expédition punitive visant ses hôtels : huit ont été saccagés, quelques-uns incendiés, au motif qu’ils favorisaient le «tourisme sexuel». Dans ces trois cas, l’intervention de l’Etat s’est limitée au déploiement de forces de police pour stopper les manifestants en furie et limiter les dégâts. Les autorités politiques et administratives se sont gardées, elles, de réagir et la justice n’a pas jugé utile de s’autosaisir pour faire la lumière sur ces actes tragiques. C’est elle pourtant – et elle seule – que la loi autorise à agir contre la prostitution clandestine et la cerner comme telle.
La justice doit distinguer le faux du vrai et surtout ne jamais fermer les yeux devant des actes de violence contre les individus et les biens : en dehors d’elle, nul n’est autorisé à verser dans la répression. A la longue, pour nombre de gens, l’absence et la passivité de l’Etat seront vues comme une sorte de permission qui leur est accordée pour se transformer en police des mœurs dans les villes et villages.
Dans un contexte politico-culturel marqué par un rebond du conservatisme, ce type de réaction aura tendance à s’étendre et se développer dangereusement dans le pays. Comme le phénomène de la prostitution n’est plus marginal en Algérie, il y a urgence à ce que l’Etat mette fin à sa politique de l’autruche. Il doit d’abord prévenir ce fléau par une stratégie où se combineraient des mesures sociales et culturelles, et aussi le contrer lorsque de gros intérêts financiers entrent en jeu par le biais de réseaux maffieux. Le vrai danger est là, lorsque de gros sous sont en jeu, même s’il ne faut pas sous-estimer la prostitution occasionnelle qui, dans notre société, n’arrête pas d’affecter les couches les plus fragiles que sont les jeunes femmes et les jeunes hommes.

Ali Bahmane
http://www.elwatan.com/edito/risque-de-banalisation-07-07-2011-131760_171.php

Suspecté de prostituer des Nigérianes, il conteste les faits devant la justice

Au Nigeria, ses contacts lui avaient affirmé qu’elle pourrait suivre des études d’infirmière en France. À son arrivée à Paris, en décembre 2010, cette jeune femme a été escortée par un compatriote jusqu’à Nîmes et contrainte à la prostitution pour rembourser les frais du voyage et son installation, soit environ 30 000 €. Entendue par les policiers de la Sûreté départementale qui avaient dû intervenir pour une bagarre entre prostituées, la jeune femme a raconté son parcours.
Elle devait payer sa dette et remettre l’argent à J., une prostituée installée depuis plusieurs années à Nîmes qui régentait un peu tout le monde. Enfin, son passeport lui aurait été aussi confisqué. Lisa, une autre prostituée a connu les mêmes mésaventures : l’espoir de trouver un travail ou de poursuivre des études en France, le passeport confisqué à son arrivée et la prostitution à Nîmes sur le boulevard Gambetta.
Soupçonnés de proxénétisme et d’aide au séjour irrégulier, J., celle qui est présentée comme la maquerelle et Antony, un Nigerian, ont été mis en examen et écroués fin juin. Les fonctionnaires de la police aux frontières chargés de cette enquête poursuivent leurs investigations.
Hier, Antony a comparu devant la chambre de l’instruction et demandé à être remis en liberté. "Je suis innocent", a protesté le Nigérian. Assisté d’un traducteur - il parle anglais - et de son avocat Me Magali Fiol, le suspect a expliqué qu’il vivait à Madrid et prétendu qu’il était venu en France, fin juin, uniquement pour revoir son amoureuse - la femme mise en examen dans ce dossier - rencontrée en mai dernier en Espagne.
"Vous n’avez dans ce dossier aucun élément tangible, a plaidé Me Magali Fiol. Il vit et est en colocation en Espagne où il travaille." L’avocat général s’est opposé à la remise en liberté de son client. La chambre de l’instruction rendra sa décision aujourd’hui.

lundi 4 juillet 2011

Il n’y a pas de solution facile, ni rapide. On serait inspiré de lancer un débat

e g. à dr. Sandrine Chausson, présidente de l'association des commerçants du Carré Préfecture, Laurent Peiser, adj du 3ème pour le commerce, Jean-Louis Touraine, 1er adj au maire de Lyon et Thierry Philip maire du 3ème / Photo Celik Erkul

« Je comprends la colère du préfet face à un problème qui ne se résoud pas mais il n’y a pas de solution facile, ni rapide avec les lacunes du système. Je rappelle que la loi n’interdit pas la prostitution, mais le proxénétisme et le racolage. Il n’y a pas de moyens aisés pour lutter. Tant que notre hypocrisie nationale n’est pas résolue, nous serons désarmés. A Lyon, la solution que nous avons trouvée, à proximité des écoles, de stades pour les jeunes, c’est de prendre des arrêtés anti-camionnettes, mais toutes les camionnettes sont ciblées. C’est dire qu’il n’y a aucun moyen de cibler l’activité de prostitution. Et puis il n’y a pas une, mais des prostitutions. Un certain nombre de femmes sont victimes de trafics d’êtres humains et c’est intolérable. D’autres exercent de leur propre gré. Nous essayons de leur dire de ne pas être trop nombreuses mais je n’envisage pas d’élargir les périmètres des arrêtés sinon elles se concentreront dans les lieux autorisés. Faisons déjà respecter les interdictions. Quant à poser des caméras, nous n’en avons pas la possibilité sur ce mandat. Le processus de concertation est long, c’est aussi très coûteux, encore plus quand on s’éloigne du centre. Le préfet a raison de vouloir limiter la prostitution où elle se concentre mais je ne pense pas que la vidéosurveillance soit efficace, on assistera seulement à un déplacement. En revanche on serait bien inspiré de lancer un débat national et de faire évoluer la loi ».
« Je partage les objectifs de lutte contre la prostitution du préfet Carenco. Ces femmes sont des victimes dans leur quasi-totalité, elles exercent sous la contrainte dans le cadre de réseaux de proxénétisme qui peuvent être très violents.
En nuisant à la prostitution, on nuit à ces réseaux. Après il faut voir les moyens dont on dispose. Il y a les contrôles policiers sur une base juridique à poser entre mairie et Etat. La proposition du préfet d’installer des caméras de vidéosurveillance là où les filles se concentrent, à Perrache/Confluent, à Gerland, est une bonne proposition. On peut penser que des caméras auraient un effet dissuasif sur les prostituées et leurs clients. Je suis favorable aussi à l’élargissement des périmètres interdits aux camionnettes.
Je pense à l’entrée de la Cité scolaire de Gerland par exemple. Les arrêtés pris permettent aussi à la police d’intervenir plus efficacement. Après il y a tout un travail à mener avec les associations et avec les services sociaux pour accompagner ces femmes qui veulent s’en sortir. Car il faut arrêter d’angéliser tout ça.
A Lyon un certain nombre d’actions ont été menées par le préfet Géraud, poursuivies par le préfet Carenco avec la collaboration encore insuffisante de la mairie.
On sait tous que c’est un sujet compliqué mais davantage d’arrêtés et de la vidéosurveillance me semblent deux bons outils. »
http://www.leprogres.fr/rhone/2011/07/03/il-n-y-a-pas-de-solution-facile-ni-rapide-on-serait-inspire-de-lancer-un-debat?image=A32F330C-1223-4A73-AD90-0A29B3587EF0#galery
Recueilli par D. Menvielle

vendredi 1 juillet 2011

Traite des êtres humains: Ksentini s'en prend au département d'Etat américain

La Commission nationale consultative de promotion et de protection des droits de l'homme (CNCPPDH), présidée par Me Farouk Ksentini, a condamné avec force le rapport du département d'Etat américain sur «la traite des êtres humains» qui classe l'Algérie dans une liste noire, et s'interroge sur le responsable de cette propagande contre l'Algérie. Me Farouk Ksentini qualifie le rapport de «manœuvre pour porter atteinte à la réputation de l'Algérie, qui vient de se remettre sur pied et de reprendre son rôle traditionnel sur la scène internationale».
Le président de la CNCPPDH a démenti de façon catégorique, dans une déclaration au site de la radio nationale, l'existence d'une quelconque activité de trafic humain en Algérie, pour la simple raison que la législation algérienne est claire et rigoureuse sur ce chapitre».
Il considère, d'autre part, qu'il s'agit d'accusations dont le seul but est de nuire à la réputation de l'Algérie et de la fragiliser. Me Ksentini argumente sur cette question qu'«il n'y a pas d'autre motif qui soit raisonnable qui justifie le classement de l'Algérie dans cette liste». Un rapport à dessein politique, c'est l'analyse qu'avance le président de la commission à propos de ce rapport dont les conclusions sont contraires, estime Me Ksentini, à la réalité de la société algérienne.
Selon ce qui a été rapporté dans ce document, l'Algérie est désormais sous surveillance, classée parmi les pays «dont le gouvernement ne se conforme pas pleinement aux normes minimales et ne déploie pas d'efforts importants pour agir en ce sens». Les pays de catégorie 3 peuvent faire l'objet de sanctions : suspension des aides non humanitaires, refus de financement pour la participation aux programmes éducatifs et d'échanges culturels, opposition des Etats-Unis à des aides du FMI et de la Banque mondiale.
Le département américain s'est basé pour faire son rapport sur la situation des migrants illégaux qui subissent le plus le trafic humain. Le chapitre «Algeria» mentionne que c'est un pays où «des hommes, des femmes et des enfants subissent le travail forcé et le trafic sexuel». Il s'agit, le plus souvent, d'hommes et de femmes subsahariens entrés volontairement mais clandestinement en Algérie avec l'aide de passeurs dans le but d'aller en Europe.
Tamanrasset est considéré, selon le rapport, come le lieu par excellence de cette traite des êtres humains. Le rapport ne relève aucun progrès en matière de poursuites ou de travail d'identification des victimes, notamment chez les populations vulnérables comme les femmes étrangères et les migrants illégaux. L'Algérie, relève le document en citant des membres de la société civile, est devenue, avec le resserrement sécuritaire en Europe, un pays de destination de l'immigration irrégulière et du trafic humain. Le coût du voyage d'un migrant «vers ou à travers» l'Algérie a augmenté en raison d'une plus grande répression. Le rapport révèle par ailleurs qu'un rapport de 2011 a identifié 23 enfants algériens et six hommes comme victimes de trafic en Norvège.
par Mokhtaria Bensaâd, Le Quotidien d'Oran, 30 juin 2011

Traite des personnes à Madagascar : les preuves existent

Le phénomène de la traite et du trafic des êtres humains existe bel et bien à Madagascar, selon le chargé d’affaires de l’ambassade des Etats-Unis à Antananarivo, Eric Stromayer. 
" Les preuves et les archives sont accessibles à tous. Venez les consulter ! ", déclare-t-il dans le quotidien Midi Madagasikara de ce vendredi 1er juillet. Le diplomate américain riposte ainsi aux incrédules qui remettent en cause le bien-fondé du Rapport mondial qui classe Madagascar dans la " liste noire " des Etats-Unis en matière de traite des personnes.
La Secrétaire d’Etat américaine Hillary Clinton a présenté mardi 28 juin devant le Congrès un rapport annuel sur le trafic des êtres humains dans le monde. Pour sa part, Madagascar a chuté dans le classement et s’est retrouvé au plus bas niveau, " Tier 3 ". "Le gouvernement (malgache) ne se conforme pas pleinement aux normes minimales et ne déploie pas d’efforts importants pour agir en ce sens ", a-t-on indiqué.
La nouvelle a eu un écho particulier au sein du pouvoir en place, encore aujourd’hui sous le coup de la pression internationale. Selon certains partisans du régime de transition, le rapport américain ne reflète pas les réalités, voire sans fondement.
Le chargé d’affaires de l’ambassade des Etats-Unis Eric Stromayer assure que le rapport du Département d’Etat américain a été établi avec " preuves et archives à l’appui ". Selon ses explications, le Rapport met en lumière les réalités de chaque pays, à travers des données fournies par des organisations internationales ainsi que des ONG internationales.