Au-delà de la prostitution sous contrainte

Un site dédié à l'actualité du proxénétisme et de la traite des êtres humains à des fins d'exploitation sexuelle

jeudi 22 septembre 2011

Du trottoir au salon, la nouvelle prostitution

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Pas de prostitution dans les Landes ? En tous les cas, rien sur la voie publique semble-t-il. Selon les services de police, les clients landais, eux, se rendraient dans des zones plus actives telles que Bordeaux-Lac ou la frontière espagnole et ses maisons closes.
Rose-Marie Lucy, responsable de mission aux droits des femmes et à l'égalité à la Direction départementale de cohésion sociale et de la protection des populations, a dû se pencher sur la question dans le département. « Dans les Landes, il n' y a pas de proxénétisme structuré résultant d'une organisation mafieuse, résume-t-elle. On peut trouver des cas de prostitution mais qui restent marginaux. Homme comme femme. » En l'espace de dix années, on dénombre seulement cinq affaires de proxénétisme dans le département.
Pour Morgane Merteuil, secrétaire générale au Syndicat du travail sexuel (Strass), la loi sur le racolage passif y est pour beaucoup. « Cette loi a poussé les filles à pratiquer une prostitution dite d'intérieur ou "indoor". Tout est alors en partie caché, on ne peut pas agir aussi facilement pour leur venir en aide. Cette législation fait le jeu des réseaux. »
Via Internet, cette prostitution « indoor » a en effet explosé. De combien ? Pas de réponse. C'est justement le problème : elle est très difficilement quantifiable. Sur la toile, on trouve facilement des annonces proposant des massages érotiques ou des prestations d'escort girls et boys. Parmi eux, nous avons contacté Maud (1).
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Proxénétisme : un couple de Nigérians condamné à 18 mois de prison ferme

Rares sont les prostituées africaines qui osent parler. Deux d’entre elles ont dénoncé leur « mama ». L’histoire de ces deux jeunes Nigérianes est dramatiquement banale. Elles ont fui leur pays, où une partie de leur famille a été massacrée.
Elles ont été accompagnées en avion. Puis on leur a dit de se présenter à la station de métro Parilly. Où une compatriote les a accueillies et hébergées chez elle, à Saint-Priest. « Mama Natacha » leur a confisqué leur passeport, fourni de la lingerie, des préservatifs et du gel intime, puis indiqué leur lieu de travail nocturne : Gerland, dans le secteur de l’université. Pas de papier et une dette de 40 000 euros à rembourser sur fond de sorcellerie : un rituel très présent, notamment au Nigéria, destiné à impressionner les filles et à protéger les mamas des ennuis qu’elles pourraient leur causer. « Une dépendance psychologique que l’on n’imagine pas », illustre leur avocate M e Natahalie Caron. D’abord interpellées pour délit de racolage, les deux filles ont été suivies par les policiers jusqu’à leur lieu d’hébergement, à Saint-Priest. A cette adresse, un couple de Nigérians. Elle, âgée de 33 ans, est une ancienne prostituée. Lui, qui en a 38, a été condamné en 2009 pour proxénétisme. Interpellés fin août, ils ont été placés en détention provisoire avant leur procès en comparution immédiate, mardi.
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lundi 19 septembre 2011

La chasse aux prostituées continue dans le quartier de l’Hours

Il est 21 h 30, au commissariat de Béziers, trois policiers du groupe “stups et mœurs” se préparent pour intervenir dans le quartier l’Hours où de nouvelles prostituées ont fait leur apparition ces derniers temps.
"Il faut les contrôler, explique le responsable de l’équipe. Non pas pour faire de la répression systématique, mais pour les identifier. Savoir d’où elles viennent et comment elles sont arrivées là. Nous répondons ainsi à des directives du Parquet de Béziers qui a fait de la lutte contre la prostitution, une de ses priorités et nous évitons des troubles à l’ordre public."
L’objectif de la soirée, interpeller ces filles venues en majorité du Nigeria. Et si possible avec un client. En France, seul le racolage, qu’il soit passif ou actif, est passible de poursuites judiciaires.
22 h, deux véhicules banalisés partent pour le fameux quartier en bas de Béziers. Un s’arrête non loin du Polygone pour surveiller le trafic autour des filles. Le second, tourne au cas où l’une des filles monte avec un client.
22 h 30, une des femmes part avec un client dans une voiture blanche. La première voiture la suit discrètement jusqu’à un parking peu éclairé, au pied d’un immeuble. Les autres policiers arrivent sur place quelques instants plus tard. La transaction financière a eu lieu, mais le client va devoir couper court à ses élans. Et l’arrivée des forces de l’ordre va lui faire retomber la pression en moins de temps qu’il ne le faut pour le dire.
Penaud, il va être amené par les policiers pour être entendu. "Elle m’a demandée 50 € pour faire l’amour", confiera-t-il aux enquêteurs. C’est bien au-dessus des tarifs pratiqués, mais le client est entendu en tant que témoin. Il ne risque rien à dire la vérité. La Nigériane sera placée en garde à vue et auditionnée. Elle va passer la nuit au poste.
23 h 15, l’opération continue. Il faut interpeller d’autres filles. Deux autres seront arrêtées dans la foulée. Elles expliqueront en anglais, à l’interprète mobilisé pour la soirée : "
"Nous ne faisons rien de mal. Nous ne le faisons uniquement pour vivre." Elles vont aussi jouer sur la corde du racisme car il n’y a que des personnes de couleur au poste ce vendredi soir. Pourtant, pas plus tard que la semaine dernière, c’était des Bulgares qui étaient interpellées par les policiers.
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Le lobby européen des femmes lance une campagne vidéo pour « éradiquer la prostitution en Europe »

« Oui, on peut être pute et heureuse »

Alors que le lobby européen des femmes a récemment lancé une campagne vidéopour « éradiquer la prostitution en Europe », Morgane Merteuil, escorte sur Internet et secrétaire générale du Strass, syndicat du travail sexuel, répond.

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Pourquoi vos arguments sont-ils inaudibles ?

Dans d'autres branches de métiers, comme le bâtiment, la restauration ou la couture, il y a également des abus. On n'interdit pas la couture pour autant : on la règlemente. Grâce au droit du travail, ces situations peuvent être dénoncées quand ces droits ne sont pas respectés.
Ensuite, les chiffres qui circulent sont inchangés depuis trente ans : 80% de prostitution contrainte. Ce sont les chiffres de l'Office central de répression de la traite des êtres humains (OCRETH), un organe policier dépendant du ministère de l'Intérieur, basés uniquement sur les arrestations de rue.
Même s'il est impossible de fournir des chiffres exacts, la prostitution de rue n'est absolument plus majoritaire ni représentative aujourd'hui.

Que répondez-vous aux arguments de marchandisation du corps ? 

Les psychologues et les « experts » avancent que vendre des services sexuels provoque des traumatismes incomparables à d'autres activités. Quand une fille est forcée, c'est du viol, et, évidemment, c'est traumatisant. Oui, il faut lutter contre la prostitution forcée, mais ça n'est pas en nous pénalisant toutes, les libres aussi, que la situation va s'améliorer.
On nous dit que nous, qui avons en toute conscience choisi le travail du sexe, sommes vraiment une minorité. Il est impossible de chiffrer la prostitution, il y a tellement de clandestinité, sous toutes ses formes : pensez aux personnes qui ne l'avouent pas.
J'ai choisi de me prostituer. Je n'ai pas été violée, ou maltraitée, et d'ailleurs, même si ça avait été le cas, ça ne regarderait personne. Je fais mon travail, je constate que je suis discriminée aux yeux de la société à cause de ce travail, et que ça me met en danger, point.
Je ne vois pas l'intérêt dans le cadre d'un débat politique de parler de ma vie intime, et aussi absurde que ça soit de devoir le dire, oui, on peut être pute et heureuse.
Lors d'un débat avec une ministre luxembourgeoise par exemple, un soit-disant expert évoquait toutes les prostituées qu'il rencontrait, et la grande majorité étaient, disait-il, prises dans des réseaux de traite. C'était une façon de justifier la nécessité de pénaliser toutes les formes de prostitution.
Encore une fois, oui, malheureusement la prostitution forcée existe, et il faut la combattre. Une de nos adhérentes, qui était présente et qui tapine à Dauphine depuis des années, lui a simplement demandé :
« Mais comment faîtes-vous pour les rencontrer, vous ? Non parce que moi j'y suis tous les jours, sur le trottoir, et je ne suis jamais arrivée à entrer en contact avec elles. »



vendredi 16 septembre 2011

Vaucluse : un réseau de proxénétisme hôtelier démantelé

AVIGNON (AP) — Un réseau de prostitution hôtelière a été démantelé par les enquêteurs de la brigade des recherches de la gendarmerie d'Avignon (Vaucluse) et quatre personnes ont été interpellées à Avignon, Villeneuve et Carpentras (Vaucluse), a-t-on appris vendredi de source judiciaire.
Sur commissions rogatoires du juge d'instruction Vincent Mick, deux Avignonnais de 23 ans, qui forçaient les jeunes filles à se prostituer, ont été mis en examen et l'un d'eux a été écroué jeudi pour "proxénétisme aggravé". Le deuxième a été placé sous contrôle judiciaire. Au total, six victimes ont été recensées par les enquêteurs. Deux d'entre elles étaient des mineures âgées de 16 et 17 ans.
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vendredi 9 septembre 2011

Russie/Monténégro: renforcement de la lutte contre le crime transnational

Les policiers russes et monténégrins entendent renforcer leur lutte conjointe contre la criminalité transnationale organisée, notamment la traite des êtres humains et le trafic d'immigrés clandestins, rapporte mardi le service de presse du ministère russe de l'Intérieur.
"La Russie et le Monténégro entendent redoubler d'efforts afin de réprimer la criminalité transnationale organisée, notamment la traite des êtres humains et le trafic d'immigrés clandestins. 
En outre, l'afflux croissant de touristes russes au Monténégro implique la mise en place d'un système plus efficace d'échange d'information en matière de migrations", lit-on dans le communiqué, publié à l'issue d'une rencontre à Moscou du secrétaire d'Etat/vice-ministre russe de l'Intérieur, Sergueï Boulavine, et le ministre monténégrin de l'Intérieur
Ivan Brajovic.
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